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Le secteur de la coiffure subit une érosion de son activité

17.11.2010, source : Les Echos.fr

Alors que s'ouvre aujourd'hui la Semaine de la coiffure en France, le secteur est morose. La profession attire toujours autant de candidats, mais la clientèle espace ses visites dans les salons et se montre de plus en plus économe.


Alors que s'ouvre aujourd'hui la 2e édition de la Semaine de la coiffure, une opération promotionnelle à laquelle participent environ 2.000 professionnels, le secteur n'a guère envie de faire la fête. Depuis trois ans, il peine à maintenir un rythme de croissance « correct  », selon la Fédération nationale de la coiffure (FNC). Les données Insee constatent sur l'année 2009 des baisses de 3 % en volume et de 1,6 % en valeur, et sur le premier semestre 2010 se dessine une tendance identique en volume et une stagnation en valeur.


Dans ce contexte économique très atone, la FNC observe un recentrage de la clientèle vers les services majeurs (coupe et coloration) au détriment des consommations qualifiées « d'accessoires  » (vente de produits, soins…). Plus inquiétant, l'espacement des visites dans les salons de la part de la clientèle féminine se confirme depuis trois ans. « Les consommateurs sont entrés dans de vrais comportements de crise  », remarque Philippe Ribeyron, directeur général de la FNC.


Plus de 70. 000 établissements

Or, avec plus de 70.000 établissements (60.000 salons et 10.000 entreprises de coiffure à domicile), qui reçoivent chaque jour près de 1 million de clients, la coiffure compte parmi les acteurs majeurs du commerce de proximité. Elle représente un chiffre d'affaires de 5,64 milliards d'euros et emploie 160.000 actifs dont près de 111.800 salariés. « Les coiffeurs contribuent à animer le monde rural comme les centres-villes ou les quartiers périphériques, représentant l'une des activités commerciales les plus denses du pays, avec plus d'un établissement pour 10.000 habitants  », constate Philippe Ribeyron.


Succès de l'autoentreprise

Ce secteur en pleine mutation a enregistré l'an passé 1.765 reprises de salon et plus de 8.000 créations dont 50 % via le statut d'autoentrepreneur. « La part des autoentrepreneurs tend encore à s'accentuer en 2010. Ce phénomène n'est pas sans conséquences. L'autoentreprise doit être un statut transitoire, car il est assorti d'avantages fiscaux et sociaux qui faussent la concurrence avec les salons traditionnels. Or ce statut est en train de se pérenniser  », déplore Philippe Ribeyron.


Ces modifications structurelles, ainsi que l'évolution des profils des dirigeants, aux nombreux départs en retraite et aux records d'immatriculation de nouveaux coiffeurs observés depuis sept ans, accentuent les besoins d'accompagnement des professionnels. C'est pourquoi un portail Internet d'information dédié aux porteurs de projet a été créé, facilitant créations et reprises de salon. Le secteur séduit toujours, comme l'a montré le succès de fréquentation la semaine dernière du Mondial coiffure beauté, avec 67.000 visiteurs. La coiffure est notamment très investie dans la formation des jeunes, avec 23.900 apprentis, 10.400 élèves sous statut scolaire et quelque 3.600 contrats de professionnalisation. En 2009, ce sont plus de 17.300 offres d'emploi, dont 80 % dans des entreprises de coiffure de moins de 10 salariés, qui ont été confiées à Pôle emploi.

MARTINE ROBERT, Les Echos, 15.11.2010
 

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