Foncier : l'immobilier hôtelier encore soutenu en France en 2012
07.02.2012, source : Les Echos.fr
Les ventes d’hôtels devraient encore être nombreuses cette année. Certains fonds doivent céder leurs actifs.
Le marché immobilier hôtelier a été à nouveau actif en France l’an dernier et devrait l’être encore en 2012, aux dires des professionnels du secteur. Selon Christie + Co, le montant total des transactions a ainsi approché les 2 milliards d’euros en 2011, après 2,2 milliards en 2010, les deux tiers relevant des ventes dites « individuelles ». Parmi celles-ci figure, entre autres, la reprise - pour 200 millions d’euros -des murs du Marriott des Champs-Elysées par le fonds souverain d’Abu Dhabi. « De 60 à 70 % de l’activité ont été réalisés au premier semestre », constate par ailleurs le responsable grands comptes du pôle France de Christie + Co, Maxime Dubois.
De son côté, Jones Lang LaSalle Hotels, qui comptabilise les opérations d’une valeur d’au moins 10 millions d’euros, fait état d’un volume global de transactions de 1,6 milliard, après 1,7 milliard en 2010. En conséquence, la France reste le deuxième marché en Europe après le Royaume-Uni, où le volume des transactions a approché les 2,5 milliards d’euros. « Les ventes ont été nombreuses au Royaume-Uni parce que les banques ont été obligées de céder leurs actifs. Mais les prix ont été corrigés à la baisse, sauf à Londres », souligne toutefois le patron France et Europe du Sud de Jones Lang LaSalle Hotels, Yves Marchal.
Haut de gamme très convoité
En 2012, l’activité devrait être alimentée par l’arrivée à terme de cycles d’investissement remontant à 2006-2008, le nombre d’hôtels allant « au-delà de 150 », d’après Maxime Dubois. Starwood Capital a d’ailleurs déjà remis en vente l’hôtellerie haut de gamme de Groupe du Louvre. Ce portefeuille, dont la valeur tourne entre 700 et 800 millions d’euros, comprend notamment l’Hôtel du Louvre et le Concorde Lafayette à Paris et le Martinez à Cannes. Et a suscité des convoitises, notamment d’Accor.
La demande ne faiblit pas, il est vrai, pour les établissements de tout premier plan. Le Carlton de Cannes vient ainsi de changer de mains moins d’un an sa cession par Morgan Stanley à un homme d’affaires libanais. Ce dernier l’a vendu, à son tour, au directeur général de Qatari Diar. Par ailleurs, Accor, qui vient de céder le Pullman Paris-Rive Gauche à Bouygues Immobilier pour 77 millions, demeure un acteur clef.
En outre, le marché est très ouvert du côté des investisseurs. Outre les institutionnels toujours à l’affût - à l’instar d’AXA Real Estate qui vient de lever 2,5 milliards d’euros -, les fonds souverains et les grandes fortunes du Golfe, on note la présence de propriétaires-fondateurs de petits groupes hôteliers. L’acquisition en septembre - auprès de Starwood Capital -du Concorde Montparnasse pour 87 millions par Didier Ferré, le patron et fondateur du groupe Ferré Hôtels (une centaine d’hôtels sous enseigne Accor et Louvre Hotels Group) en témoigne. Tout comme l’achat du Lotti, un 4-étoiles situé rue de Castiglione à Paris, par les frères Costes pour une somme tournant, dit-on, aux alentours de 87 à 90 millions d’euros.
Christophe PALIERSE, Les Echos, 01/02/2012






