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Distribution : en 2011, les indépendants ont été meilleurs que les groupes intégrés

10.02.2012, source : Les Echos.fr

Pour Leclerc et Système U, qui gagnent des parts de marché sur Carrefour et Auchan, le prix est un atout maître.

On attend encore les chiffres d’Intermarché, d’un côté, et ceux d’Auchan, de l’autre. Mais, au vu des résultats commerciaux déjà publiés par Leclerc et Système U, ainsi que de l’évolution des parts de marché établie par le panéliste Kantar, la messe est dite. En 2011, les réseaux de magasins alimentaires indépendants ont « surperformé » leurs concurrents intégrés. Avec une progression de ses ventes à parc constant de 3,6 % et un gain de part de marché de 0,6 point (voir ci-contre), Leclerc a été le plus dynamique. Mais, avec un chiffre d’affaires de 16,07 milliards d’euros (hors carburant), soit une progression de 5,6 %, constitué de moitié (3 % ) d’une hausse des ventes à magasins constants, le groupement Système U a également réalisé une belle année.

A l’inverse, les ventes de Carrefour dans l’Hexagone ont baissé de 1,6 % en comparable. Quant à Casino, il indique dans son dernier communiqué financier un chiffre d’affaires hors essence en hausse de 1,4 %, sans préciser l’évolution en comparable...

En termes de parts de marché, le constat est éloquent. En 2011, seuls Leclerc, Intermarché (+ 0,2 point) et Système U (+ 0,4 point) ont gagné du terrain sur la concurrence. Auchan et Casino ont stagné et Carrefour, en proie aux difficultés que l’on connaît, a décroché de 0,6 point.


Marge des adhérents rognée

Plusieurs raisons expliquent cette prime aux indépendants. Les intéressés répètent à l’envi que les magasins sont gérés au plus près par des exploitants qui en sont aussi les propriétaires. Mais le succès tient aussi beaucoup à des formats de magasin plus petits, avec une offre non alimentaire moins grande, donc moins affectée par la chute des marchés textile et électronique grand public. Et l’atout maître des groupements est le prix. Leclerc est 5 % moins cher que le marché. En raison de sa force dans les négociations commerciales face aux industriels. Mais Michel-Edouard Leclerc a également annoncé hier que, pour conserver leur avantage prix, ses adhérents avaient accepté de rogner 0,25 point sur leur marge nette, qui s’établit en moyenne à 1,8 %. « En 2012, nous injecterons dans les prix nos gains de productivité », affirmait pour sa part en janvier Serge Papin, président de Système U, qui précisait que la rentabilité nette moyenne de ses magasins après impôts s’établissait à 1,9 %.


Philippe BERTRAND, Les Echos, 08/02/2012