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Distribution : à Séoul, Tesco teste le premier supermarché virtuel de la planète

05.10.2011, source : Les Echos.fr

A la mi-septembre, plusieurs cadres de Tesco, tout juste arrivés de Londres, sont descendus dans la station de métro Seolleung, en plein centre de Séoul, en Corée du Sud, pour « visiter » le premier supermarché factice de la planète inauguré par Homeplus, la filiale locale du géant britannique. Ils ont découvert sur sept des piliers de l’entrée de la station et au bord des quais de grands posters en verre plastique de sécurité regroupant les photos de 470 produits. Et, sous chacune des images de nouilles instantanées, de lessive ou de biscuits, un petit code-barres noir et blanc. « Le processus est simple. Une fois que l’on a téléchargé notre application, il suffit de l’activer et de passer la caméra de son "smartphone" sur le code-barres des produits que l’on souhaite acheter pour que l’achat se retrouve immédiatement dans le panier de commandes », explique, téléphone à la main, Jay Jo, l’un des développeurs du projet lancé à la fin août. « Quand le panier est rempli, on valide sa commande depuis la rame de métro, où l’Internet fonctionne et l’on choisit un créneau horaire de livraison des marchandises chez soi », détaille le manager.

Cherchant à doper ses ventes en ligne qui représentent pour l’instant, chaque semaine, seulement 28 milliards de wons (17,8 millions d’euros), Homeplus tente de séduire une clientèle présentée comme l’une des plus « connectées » au monde (le taux de pénétration d’Internet atteint 96 % et 30 % de la population a un « smartphone »).


Un plan de communication

Dans la station de Seolleung où transitent près de 200.000 personnes par jour, la filiale de Tesco espère particulièrement séduire les salariés de moins de trente ans vivant seuls et privilégie les plats préparés en portion unique. Elle espère pousser les ventes de ses 35.000 autres produits proposés sur son site. Pour l’instant, ces commandes faites dans le métro ne génèrent que 190.000 euros de chiffres d’affaires par semaine.


Jay Jo reconnaît que l’opération sert avant tout un effort de communication. « D’autres enseignes ont tenté d’introduire, notamment aux Etats-Unis, l’achat par code-barres mais ils n’ont pas réussi car ils n’ont jamais pris le temps d’initier les consommateurs comme nous voulons le faire », insiste le cadre, qui promet deux autres tests.

Parallèlement, Homeplus vient d’ajouter des codes-barres sur les brochures de promotion de ses magasins et sur des dizaines de milliers de produits écoulés dans ses supermarchés traditionnels. « La bouteille de lait est terminée, vous scannez son code et votre panier se remplit », s’enthousiasme le manager.


Yann ROUSSEAU, Les Echos, 04/10/2011