Créer sa franchise : les banques jouent-elles le jeu ?
Les banques n’ont pas significativement diminué le nombre de prêts octroyés mais se montrent plus exigeantes. Y compris pour une seconde implantation.
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Depuis la faillite de l’américain Lehman Brothers, les banques accumulent les mauvaises nouvelles.
35% des PME touchées
Depuis la faillite de l’Américain Lehman Brothers, les banques accumulent les mauvaises nouvelles. Montrées du doigt pour leur spéculation débridée, leurs pertes colossales et les parachutes dorés de leurs dirigeants, elles sont en plus suspectées par les entreprises et le gouvernement de fermer le robinet du crédit. Selon une étude de l’IFOP réalisée en février, 35 % des PME seraient confrontées à un durcissement de l’accès au crédit.
Les franchises partagent-elles le même sort ?
« Nous n’avons pas une politique de stop and go dans notre schéma de financement. Le taux d’accord n’a pas baissé », assure Didier Molle, responsable du pôle franchise au Crédit du Nord. Un discours que tient également Banque Populaire, premier bailleur de fond des franchises : « Le nombre d’octroi de prêt est stable », affirme Jean-Christophe Sozza, responsable du pôle franchise. Même s’il concède par la suite que le taux d’accord a baissé « d’un petit point ». Les franchiseurs le confirment : les relations sont au beau fixe. « Les candidats à la franchise Rivalis ne rencontrent pas de difficultés pour l’acceptation de leur dossier », témoigne Damien Valdan, co-fondateur de réseau de conseil en gestion pour les PME. Même son de cloche chez Coviva, enseigne d’aide à la personne dépendante, qui ne s’est jamais vu refuser un financement et qui continue à ouvrir deux agences par mois, conformément à ses prévisions.
Demandes de financement toujours aussi nombreuses
Des secteurs épargnés par la crise
Pas de nuages dans le ciel de la franchise ? « Des dossiers qui auraient été acceptés sans problème avant la crise, sont plus difficiles à financer aujourd'hui », nuance Jean-Philippe Deltour, membre du Collège des experts de la Fédération française de la Franchise et cofondateur Creditrelax, cabinet spécialisé dans le courtage en financements professionnels. En effet, si les secteurs des services aux entreprises comme Rivalis ou des services aux particuliers comme Coviva semblent épargnées par la crise, d’autres, comme l’immobilier, subissent de plein fouet le marasme économique. « Un certain nombre de critères de décision ont été modifiés pour s'adapter au nouveau contexte », explique Jean-Christophe Sozza, responsable du pôle franchise du Groupe Banque Populaire. Les entrepreneurs doivent anticiper une possible montée en puissance plus lente de leur activité et prévoir une meilleure couverture de leur besoin en fonds de roulement. »
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François-Xavier Carpentier, président de Coviva.
La caution personnelle, tout autant que la capacité financière
Du coup, les établissements financiers épluchent avec une attention accrue les dossiers des emprunteurs. François-Xavier Carpentier, président de Coviva a constaté ce nouveau comportement dont font preuve les banquiers : « ils demandent plus de justificatifs pour vérifier les déclarations des candidats, entre autres, sur leur patrimoine. » Et au delà de la capacité financière de l’emprunteur, les banques limitent les risques en réclamant plus de garantie. « Avant, elles faisaient appel à un organisme de caution comme Oseo pour une première installation, explique Jean-Philippe Deltour. Maintenant, elles le font également pour une deuxième. »
Délais de réponse parfois doublés
Cette prudence, même s’elle n’a pas d’impact majeur sur l’octroi de crédit, rend la procédure plus lourde, note Patrice Matagne, directeur associé du réseau de courtiers In&Fi : « Nous n’avons pas été confrontés à une baisse de taux d’accord mais le temps de traitement a été allongé ». Un constat que partage Jean-Philippe Deltour : « Les banquiers se sont montrés attentistes fin 2008. Nous avons traversé une période de flottement avec des délais de réponses ayant parfois doublé. »
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