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Devenir franchisé en couple : un choix risqué mais apprécié (4/8)

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Création entreprise : quatre vies de couples en franchise

14.05.2009, Laure Japiot

Répartition des tâches, gestion des conflits, place pour la vie privée… Comment s’organiser lorsque l’on crée une entreprise à deux ? Quatre couples de franchisés témoignent de leur expérience.

David et Katy Boncorps, Cartridge World
Crédits photo : DR
David et Katy Boncorps, multi-franchisés Cartridge World

« Nous traversons les joies et les inquiétudes au même moment »

David et Katy Boncorps, multi-franchisés Cartridge World à Troyes, Reims, Auxerre et Châlons-en-Champagne

Un concept séduisant

« Au départ, l’idée était de trouver une nouvelle expérience professionnelle pour ma femme, explique David Boncorps. Après avoir été responsable d’une boutique de prêt-à-porter, Katy avait mis sa carrière professionnelle entre parenthèses pendant quelques années pour s’occuper de nos trois enfants. » En décembre 2003, le couple tombe sur une annonce de recrutement de l’enseigne australienne Cartridge World qui les séduit : la recharge de cartouches d’encre leur semble un marché à fort potentiel. « Nous avons eu un rendez-vous le soir de Noël avec la direction en France qui a achevé de nous convaincre. » En mars 2004, les deux conjoints s’envolent en Australie pour 15 jours de formation. Leur magasin, l’un des dix premiers en France, ouvre un mois plus tard à Troyes et rencontre immédiatement un excellent accueil, aussi bien auprès des particuliers que des professionnels.


Associés à parts égales

Initialement, Katy devait gérer le magasin seule, mais les deux conjoints sont finalement associés à parts égales dans l’affaire. Car leur activité continue à se développer. Grâce à la montée en puissance rapide de leur magasin de Troyes, le couple a décidé d’en ouvrir d’autres : Reims en janvier 2005, Auxerre en août 2005, Châlons-en-Champagne en octobre 2007… Leur projet est de détenir 7 magasins Cartridge World au total. Un succès qui nécessite l’implication des deux conjoints comme co-gérants. Après avoir travaillé dix ans dans les assurances, David avait lui aussi envie de changer de métier… « La répartition des rôles a été définie dès le départ : Katy s’occupe des commandes, de la formation technique des équipes et de la tenue des magasins en cas d’absence des salariés, tandis que je prends en charge les négociations avec les fournisseurs, les ressources humaines, l’animation des équipes et la formation commerciale. »


Une vie professionnelle envahissante

Cette aventure représente un virage important pour toute la famille. « Avec quatre magasins à gérer, nos journées ne se terminent jamais, ce qui est assez pesant pour nos enfants de 12, 10 et 8 ans. Eux aussi sont devenus Cartridge World ! » A 38 et 36 ans, David et Katy Boncorps espèrent avoir plus de temps à consacrer à leur vie privée d’ici un ou deux ans, lorsqu’ils auront suffisamment d’équipes formées en place. En attendant, soit l’un soit l’autre se libère le mercredi pour accompagner les enfants dans leurs diverses activités. Et le dimanche est entièrement réservé à la famille… « Mais lorsque nous vivons des tensions professionnelles, il nous est difficile de les laisser de côté. Nous traversons les joies et les inquiétudes au même moment : c’est une expérience passionnante, mais qui ne facilite pas la prise de recul ! Il va nous falloir trouver notre équilibre. »


« Nous étions condamnés à réussir »

Christian et Catherine Bereaud, franchisés Comtesse du Barry à Annecy (Haute-Savoie)

Une histoire familiale

Entrés dans le réseau Comtesse du Barry il y a dix ans, Christian et Catherine Bereaud ont toujours travaillé dans le commerce en famille. « Auparavant, je tenais une affaire de prêt-à-porter en Vendée avec mes parents et mon frère, explique Christian Bereaud. Mon épouse nous avait rejoints pour faire du secrétariat. » Mais le secteur du textile devenant de plus en plus difficile, le couple avait besoin de respirer. En 1999, ils ont donc décidé de quitter la mer pour la montagne et se sont installés dans les Alpes, où ils passaient souvent leurs vacances. « Au début nous avions plutôt en tête de vendre des produits régionaux en altitude… Mais lorsque nous avons appris que la boutique de gastronomie Comtesse du Barry se libérait à Annecy, nous nous sommes décidés très vite. Nos prédécesseurs, également en couple, nous ont beaucoup aidés au démarrage. »


Des rôles bien répartis

Même si Christian Bereaud a été moteur pour ce projet, sa femme y a rapidement adhéré. Il est gérant, elle est salariée, tout s’est fait « naturellement ». Les rôles sont bien répartis : Christian s’occupe des commandes, Catherine gère la banque et « la paperasse », et tous deux vendent. « Ce n’est pas toujours facile d’être ensemble en permanence, mais nous avons une grande complicité : nous pensons souvent la même chose au même moment… Nous essayons de ne pas parler travail en dehors de la boutique, mais ce n’est pas facile : c’est notre vie ! » Leurs enfants sont grands ; l’un d’eux fait des études d’hôtellerie et les aide en fin d’année. Le reste du temps, ils ne travaillent que tous les deux. « A 50 ans, nous sommes repartis de zéro. Nous avons investi notre maison dans l’affaire : nous étions condamnés à réussir ! Notre seul regret est de ne pas avoir fait ce choix plus tôt. »

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