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Entreprises « vertes » : dépasser l’objet marketing pour entrer dans le concret (2/9)

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J. Leporatti (Génération Responsable) : « Réaliser des économies avant d’engager des dépenses ! »

11.12.2009, Propos recueillis par Fabrice Michelier

Comment sensibiliser les réseaux au développement durable ? Quels sont les moyens et les difficultés rencontrés par les entreprises ? Autant de questions auxquelles Jocelyne Leporatti, présidente du Club Génération Responsable, tente de nous répondre. Son association réunit 50 enseignes sur les 1500 existantes. Consciente du travail qu’il lui reste à accomplir, Jocelyne livre une vision de la situation objective et sans concession

Jocelyne Leporatti
Crédits photo : D.R

Quelles sont les mesures à prendre pour un réseau qui souhaite s’engager dans une politique de développement durable ?

La base reste l’honnêteté. L’enseigne doit savoir reconnaître ses lacunes, admettre qu’elle n’est pas vertueuse. Une fois ce postulat posé, l’entreprise peut s’engager dans un programme et communiquer sans avoir peur d’être piégée.
La première étape passe par la sensibilisation du personnel et de ses collaborateurs. Après vient le temps de la formation, avant le travail l’efficacité énergétique : l’éco-conception du point de vente l’isolation du bâtiment, l’eau, le tri des déchets… Quand une entreprise met un doigt dans le développement durable l’engrenage est immédiat.


S’engager dans le développement durable, est-ce coûteux, voire inaccessible pour les réseaux ?

Attention : on ne demande pas aux enseignes de restructurer tout d’un coup ! Dans un premier temps, nous préconisons ces méthodes aux nouveaux points de vente. Ensuite, si elles jugent ces mesures efficaces, elles pourront entreprendre des actions pour leurs locaux actuels. Les réseaux décident de s’impliquer totalement quand ils peuvent communiquer un retour sur investissement.


Quels sont les freins à cette démarche ?

Aujourd’hui, deux principaux éléments ralentissent la mise en place de politique de développement durable dans les entreprises : le coût et l’absence de cadre législatif. Tout repose sur la bonne volonté des présidents de groupes. C’est eux qui décident d’impliquer ou non leur réseau. Beaucoup souhaitent s’impliquer dans cette logique éthique mais ne savent pas comment.


« Associer équilibres économique et écologique »


Certaines difficultés sont-elles propres à la franchise ?

La multiplicité des intervenants. Dans un réseau, il faut d’abord convaincre le président, son staff, les franchisés, leurs employés dans les points de vente et enfin, les clients. Là encore, un cadre légal devient plus que nécessaire. Nous souhaitons inclure une clause développement durable dans les contrats de franchise.


Quel discours tenir pour que les coûts ne soient pas un obstacle ?

Nous essayons de prendre le problème dans l’autre sens. Le premier module que nous proposons, revient à faire des économies. Le discours est le suivant : avant que ça vous coûte, réduisez d’abord vos dépenses. Cela passe par des mesures simples qui mènent à une réduction des factures énergétiques. Il s’agit de gestes simples comme éteindre son ordinateur, ne pas garder les portes ouvertes avec une climatisation ou un chauffage, ce qui n’empêche pas le client d’entrer plus facilement dans la boutique ! L’investissement pour la tête de réseau ne peut subvenir que si l’équilibre entre bénéfices économiques et écologique est établi.


Pouvez-vous nous éclairer sur le poste de « directeur du développement durable» ?

Son rôle est primordial. Il a une activité transversale au sein de l’entreprise. Il agit dans tous les secteurs. Pour qu’il soit efficace, il doit dépendre exclusivement du président. Sans intermédiaires ! Afin de conserver tout pouvoir de proposition. Sa mission relève du chemin de croix ! Il doit faire face à une bagarre interne de tous les instants, en justifiant son rôle et sensibilisant ses collaborateurs, souvent peu concernés. Sa mission revient à inventer de nouveaux process adaptés à son entreprise. Il s’agit d’un véritable créateur.

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