Créer en groupement : avez-vous le bon profil ?
Avec 6700 repreneurs à recruter d’ici cinq ans, la question des cessions de fonds de commerce est devenue vitale pour les groupements. Indépendant, autonome, l’associé doit aussi s’impliquer dans la vie de la coopérative.
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Aucun parcours professionnel, ni aucun CV n’exclut généralement d’office un porteur de projet.
Le mouton à cinq pattes n’existe pas
Aux dires des présidents de groupement et des consultants indépendants spécialistes du commerce associé, il n’y a pas de candidat idéal à l’adhésion , mais une multitude de profils. « Le champion du monde et le crétin n’existent pas » ironise Pierre-Loïc Chantereau, à la tête d’Equation management, cabinet de conseil en management. « La plupart des candidats ont ce qu’il faut pour réussir dans un réseau fort ». Pour ce consultant aguerri, l’important est que le groupement propose un système d’intégration personnalisé, en fonction du profil du repreneur.
Aucun parcours professionnel type
En d’autres termes, aucun parcours professionnel, ni aucun CV n’exclut généralement d’office un porteur de projet. Après plusieurs années passées dans la grande distribution alimentaire, Jacques Guillon a rejoint Bébé 9 il y a six ans. Dans ce groupement spécialiste de la puériculture, « tous les profils peuvent correspondre tant que nous comblons les lacunes de chacun en adaptant la formation que nous leur dispensons » explique ce directeur général. Finalement, ce que les groupements regardent avant tout, ce sont les compétences et les qualités du candidat : autonomie, indépendance, capacité à gérer un point de vente… et surtout leur projet d’entreprise et sa viabilité économique.
Seuls quelques rares groupements ont des exigences de diplôme à l’exemple d’Astera, réseau de pharmaciens, qui, pour des obligations légales, ne peut recruter que des diplômés d’Etat de docteur en pharmacie.
Un soutien financier si nécessaire
Bien sûr, avoir les moyens financiers qui permettent de faire seul l’acquisition des parts sociales est un plus. Mais là encore, face à la question récurrente des cessions de fonds de commerce, les groupements se sont adaptés. Beaucoup proposent des solutions pour ne pas exclure de bons candidats aux ressources financières limitées.
L’humain au centre du recrutement
« La dimension humaine est la valeur essentielle » martèle Bruno Fermier, qui dirige le cabinet de conseil en conduite de réseaux d'indépendants, Bruno Fermier consulting. « Le candidat doit accepter la notion d’interdépendance. Cela signifie accepter de donner pour mieux recevoir ». Et Pierre-Loïc Chantereau d’ajouter : « La dimension de futur coopérateur du candidat doit être analysée avec autant, voire plus d’intérêt que sa dimension de futur chef d’entreprise ».
S’impliquer dans la vie du groupement, partager avec les autres nécessite parfois une profonde remise en question. C’est ce qu’a constaté Alain Bertheuil, pharmacien d’officine et président du conseil d’administration d’Astera. Il y a encore quelques années, le secteur était porteur, les pharmacies faciles à gérer. « Par conséquent », explique-t-il « les professionnels du secteur ne se posaient pas la question du recours aux coopératives. Mais depuis trois ans, le marché s’est tendu, les marges ont baissé. Beaucoup se sont interrogés sur la nécessité de partager avec les autres ».
Et les groupements se montrent compréhensifs. Bernard Cadeau, président national du réseau Orpi, le conçoit très bien : « Il y a une nécessité d’adaptation à la vie du groupement. Nous ne solliciterons pas beaucoup les associés qui démarrent leur activité. Ces derniers ont besoin de temps pour asseoir leur entreprise avant de s’impliquer dans la vie du groupement ».






