Le commerce associé : des entrepreneurs actionnaires aux commandes
08.02.2011, Ariane Gaudefroy
Les groupements rassemblent des commerçants indépendants, tous propriétaires de leur point de vente et associés au capital de la structure centrale. Un mode d’organisation qui repose sur une forte implication de la part des adhérents.
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Avec 75 groupements, le commerce associé représente 27 % du commerce de détail français. Ces entités se sont toutes formées par la volonté d’entrepreneurs indépendants d’unir leurs forces pour répondre aux attentes d'un marché concurrentiel à travers des marques fortes. En 2009, ces groupements exploitaient 143 enseignes, avec en moyenne 300 points de vente, sur des secteurs aussi variés que l’alimentation (E.Leclerc, Les Mousquetaires, Système U), l’équipement de la maison (Monsieur Meuble) et de la personne (Krys, Julien d’Orcel), les loisirs (Phox, Intersport, JouéClub), la beauté ou la santé.
Mutualiser les moyens et les risques
En adhérant à un groupement, l’entrepreneur associé acquiert des parts sociales, qu’il peut revendre pour quitter le groupement à tout moment. Tout au long de son adhésion, l’associé demeure totalement indépendant aussi bien sur le plan juridique que financier et bénéficie d’une grande autonomie dans la gestion de son point de vente. Il s'acquitte de cotisations et participe ainsi aux charges d'exploitation du groupement. Il reçoit également une partie des excédents générés par l’activité du groupement, en tant qu’actionnaire. Son adhésion lui permet d’avoir accès à une marque, à un concept de vente et à une stratégie commune, ainsi qu'à un ensemble d’outils et de services : centrale d'achat, assistance comptable, services techniques, programme de formation du personnel, opérations de communication ou commerciales…
Au-delà de ces ressources communes, les groupements portent des valeurs fortes de solidarité basées sur le partage d’expérience et l’entraide. « Outre les systèmes de parrainage de nouveaux adhérents par des associés plus aguerris, certains groupements peuvent aussi se porter garants des paiements ou de la solvabilité des associés auprès des fournisseurs et se substituer aux défaillances éventuelles des adhérents », explique Guy Leclerc, président de la Fédération des enseignes du commerce associé (FCA). Les groupements peuvent également avoir recours au portage de points de vente de manière temporaire, pour permettre aux jeunes entrepreneurs avec peu de moyens de se lancer. Les associés de groupements adhérents à la FCA ont d’ailleurs accès à la Socorec, une solution de financement mutualisé pour la création, la rénovation et la transmission d’entreprises.
L’implication, clé de la réussite dans un groupement
« Dans le commerce associé, la structure centrale est la propriété du réseau et elle est dédiée à l’optimisation des performances sur l’ensemble des points de vente ; elle œuvre pour le bien de tous », rappelle Alexandra Bouthelier, déléguée générale de la FCA. « Chaque groupement bénéficie d’une double gouvernance entre les permanents de la structure centrale et les adhérents actionnaires. » Les associés, qui ont l'expérience du terrain, collaborent étroitement avec les salariés du siège. Toutes les décisions stratégiques sont prises en assemblée générale ou en conseil d'administration par l'ensemble des adhérents. Chaque associé détient une voix, quels que soient son ancienneté, le montant de ses parts sociales, le nombre ou la taille de ses points de vente. Ce système de gouvernance participative requiert de la part de l'associé un sens de l'écoute et de la démocratie, mais surtout une implication importante aussi bien sur le point de vente que pour la réussite commune. Cette exigence s'étend également à l’environnement économique et sociétal, comme le souligne Guy Leclerc : « Les commerçants associés sont installés durablement dans leur région. Ils répondent au besoin de proximité exprimé par les consommateurs et participent activement au développement économique local et à la vie associative. Le commerce associé répond aux valeurs de la société française et se veut l’inspirateur d’entreprises citoyennes. »
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Guy Leclerc et Alexandra Bouthelier, président et déléguée générale de la FCA.
Verbatim
Guy Leclerc et Alexandra Bouthelier, président et déléguée générale de la FCA : « Dans le commerce associé, la valeur de l’homme est aussi importante l’argent que l’associé apporte. Les réseaux appartiennent aux entrepreneurs. Ils sont donc indépendants sur le plan financier, ce qui les préserve de toute prise de participation hostile et leur confère une grande stabilité. Les commerçants associés restent fidèles à leur groupement : ils y adhérent 21 ans en moyenne et la majorité des départs est due au passage à la retraite. D’ailleurs, dans les 5 années à venir, près de 6 700 points de vente devront trouver un repreneur. Les salariés des magasins et de la centrale constituent un formidable vivier pour assurer ces transmissions : 38 % des adhérents sont d’anciens salariés de leur groupement. Les réseaux associés ont toujours constitué un excellent vecteur d’ascension sociale. Aujourd’hui, ils deviennent de plus en plus un moyen efficace d’évolution de carrière : près de 20 % des entrepreneurs associés travaillaient auparavant sur des secteurs différents. »





