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Franchise et commerces alimentaires : jouez la carte de la différence et de la qualité ! (3/5)

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Devenir franchisé en commerce alimentaire : le goût des bonnes choses

26.11.2009, Ophélie Colas des Francs

Si l’expertise n’est pas indispensable pour ouvrir un commerce alimentaire, une réelle affinité est requise

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Crédits photo : Getty images
Parmi les profils, le « spécialiste ». Fin connaisseur de son produit, il gravit les échelons dans son corps de métier.

De l’apprenti au patron

Les commerçants viennent d’horizons divers. Premier profil, le « spécialiste ». Fin connaisseur de son produit, il gravit les échelons dans son corps de métier. D’abord simple apprenti dans la boutique, il y acquiert de l’expérience dans l’animation d’un point de vente et la gestion des relations avec les clients. Il devient son propre patron une fois les fonds nécessaires réunis pour monter sa propre affaire. Dans le cadre de la franchise, les enseignes montrent parfois une certaines réticences à intégrer un candidat de ce type. Un ancien indépendant éprouve parfois des difficultés à entrer dans le moule d’un concept et supporte mal les contraintes d’une vie en réseau.


De la grande entreprise à la PME

Deuxième profil, le cadre en reconversion. Cet ancien manager aspire à changer de vie et créer son propre outil de travail. Avide d’autonomie, il aime prendre ses propres décisions. Il cumule plusieurs atouts : une solide expérience en gestion et encadrement, un apport financier conséquent et des biens mobiliers grâce auxquels il peut dégager rapidement des liquidités. Le repreneur est parfois un ancien cadre dirigeant qui se fixe comme objectif de redresser un commerce en perte de vitesse. Le manager, en particulier quand il est issu de la grande distribution, est particulièrement apprécié par les enseignes bien que certaines aient essuyé des échecs avec des franchisés au profil trop gestionnaire. L’ancien cadre sait vendre, gérer, commander mais n’a généralement pas d’expérience palpable de la vente de proximité. Une immersion dans le quotidien d’un commerce est une étape nécessaire avant l’ouverture ou la reprise du point de vente.


Affinités

Etre commerçant est un état d’esprit. Il est indispensable d’apprécier le contact avec les clients et d’avoir le sens du conseil. S’il n’est pas indispensable que le commerçant soit un spécialiste, il doit néanmoins avoir une réelle affinité avec son produit. On ne demande par exemple pas à un caviste d’être œnologue mais il faut être intéressé par l’univers du vin. L’ouverture d’un magasin réclame un grand investissement en terme de temps. Il faut être disposé à se lever tôt, travailler à l’heure où les autres passent à table et éventuellement renoncer au repos dominical. Nombre de commerçants se lancent en couple. Il faut garder à l’esprit que ce choix de vie peut susciter des tensions dans la vie privée ou à l’inverse créer une solidarité entre les partenaires.


Investissement

La somme à mettre sur la table varie considérablement selon la spécialité du magasin mais aussi selon les enseignes. Du côté des détaillants en chocolat, De Neuville annonce un investissement minimum de 150 K€ tandis que Chocolat Réauté l’évalue entre 350 et 390 K€. Chez les boulangers, le franchisé devra débourser de 350 K€ à 450 K€ selon les réseaux. L’ouverture d’une cave nécessite un investissement beaucoup plus limité, compris entre 53 à 120 K€. Attention ces montants sont hors pas de porte. L’entrepreneur devra aussi louer ou acheter un local dont les prix sont extrêmement variables selon les emplacements.


Développement

Un entrepreneur qui lance un commerce alimentaire embauche généralement peu d’employé en début d’activité. Il peut même être seul. Au fur et à mesure du décollage de la société, il sera amené à recruter et donc à développer de nouvelles compétences managériales. Si les ex-salariés de grandes entreprises ont déjà l’expérience de l’animation d’une large équipe, un ancien indépendant devra se frotter à la gestion des ressources humaines. Le développement de l’activité amènera probablement l’entrepreneur à ouvrir d’autres points de vente. Une évolution espérée par les enseignes qui explique pourquoi elles préfèrent souvent recruter en amont des cadres reconvertis.