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Cession : le rôle de l’affect dans la transmission d’entreprise (2/10)

Dossier > Psychologie du cédant

Cession d’entreprise : se comprendre pour mieux transmettre

29.10.2009, Ariane Gaudefroy

Changer de vie et vendre son entreprise, ce n'est pas si facile ! Phénomène de deuil, angoisse du départ à la retraite ou difficulté à lâcher prise... Le cédant est souvent tiraillé par des sentiments contraires qui risquent de compromettre la transmission. Que vous soyez cédant ou repreneur, apprenez à identifier ces mécanismes afin de mieux les contourner.

Se connaître soi-même
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Chaque motif de cession fait écho à un problème d’ordre psychologique.

Prendre le temps de faire le point

Trouver le bon timing pour céder

Les patrons de petites entreprises refusent souvent de prendre le temps de se préparer à la cession, notamment quand ils partent à la retraite, car « ils ne se voient pas vieillir  » explique Jean-Pierre Robin, qui accompagne des transmissions au sein du CRA (Cédants et Repreneurs d’Affaires). « Chacun est le méridien de Greenwich de son propre monde. On ne voit que les différences d’âges mais on ne se rend pas compte que le temps passe vite, à force de côtoyer toujours les mêmes personnes.  » Or, pour vendre, il est essentiel que le chef d’entreprise se sente prêt à assumer son nouveau rôle de cédant. Il ne faut ni trop retarder cette prise de position, ni trop l’anticiper, au risque de fragiliser l’entreprise.


Un enjeu plus profond peut brouiller les pistes

Chantal Prévost, psychologue et coach d'entrepreneur, explique que « la transmission révèle les failles identitaires plus profondes. Elle met en lumière des problèmes de relations aux autres sur 3 modes : la relation primaire (mère-enfant), la relation à l’autorité et les problèmes d’identité sociale.  » Chaque motif de cession fait écho à un problème d’ordre psychologique qui peut mettre en péril le bon déroulement de la transmission. Par exemple, si le chef d’entreprise décide de vendre parce qu’il est en difficulté, il risque de souffrir d’une blessure narcissique. En conséquence, il peut se dévaluer et refuser de coopérer avec le repreneur. Le cédant doit donc prendre le temps de réfléchir à ses motifs. « S’il n’est pas au clair avec lui-même, le repreneur ne trouvera pas sa place au sein de l’entreprise.  »


Se faire accompagner pour mettre à nu ses émotions

L’enjeu de la préparation du chef d’entreprise consiste à « comprendre ce qui se joue dans la cession : ce qu'il gagne ou perd en vendant  », précise Chantal Prévost. Il doit donc faire un bilan de son expérience passée et analyser ses sentiments avant de pouvoir se projeter dans la cession. « Cette période d'introspection, de mise à nu arrive souvent pour la première et la dernière fois dans la vie du dirigeant. Elle est particulièrement difficile car l’entrepreneur est avant tout quelqu'un qui prend des risques, qui maîtrise la situation et ne montre pratiquement jamais ses émotions.  » L’accompagnement d’un psychologue, d’un coach ou d’un expert de la transmission peut alors s’avérer d’un grand secours.


Accepter de lâcher prise

Plus une entreprise est petite, plus elle est dépendante de son dirigeant. Chercheur à l’EM Lyon et à l’université de Montpellier spécialisé sur les PME, Olivier Torres se sert de ce phénomène pour expliquer les difficultés de transmission : « le chef d’entreprise est un rouage essentiel autour duquel tout tourne. Il passe son temps à résoudre le moindre problème. Ce rôle gratifiant qui procure fierté et plaisir, entraîne souvent une "égotrophie" : une hypertrophie de l’ego qui rend la transmission problématique.  » Réticents à partager l’exercice de leur pouvoir, ces chefs d’entreprises éprouvent beaucoup de difficultés à prendre leur retraite. « Ce problème est courant dans les petites entreprises, constate Jean-Pierre Robin du CRA (Cédants et Repreneurs d’Affaires). En effet, l’organisation réduite de ces structures exclut les intermédiaires entre le chef d’entreprise et ses salariés. La clé est donc d’apprendre à déléguer.  » Jean-Bernard Peylet résume ainsi le rôle du chef d’entreprise : « il vaut mieux qu’il ait le moins de tâches opérationnelles possible afin de se soustraire des préoccupations quotidiennes et de se concentrer sur la stratégie et le développement de l’entreprise.  »